« Tous mes romans qui ne traitent pas de sujets historiques ont tous jailli de ma vie, se sont abreuvés de mon sang. »
Léopold von Sacher-Masoch
Après une adaptation aigüe de La philosophie dans le boudoir d’après le Marquis de Sade, Christine Letailleur affronte un autre texte sulfureux, La Vénus à la fourrure, chef d’œuvre de Leopold von Sacher-Masoch, achevé en 1870 et remis à l’honneur par Gilles Deleuze dans les années 60.
La Vénus à la fourrure est le roman le plus célèbre de Sacher-Masoch. Il est considéré comme son chef-d’œuvre mondialement connu, il fut traduit en plusieurs langues et maintes fois réédité. Il paraît, pour la première fois, en France, en 1902 dans une traduction de Raphaël Ledos de Beaufort. La Vénus à la fourrure est l’une des premières œuvres marquantes de la littérature du XIXème siècle qui, dans une certaine lignée avec le roman courtois, s’attache à décrire de manière précise, et sans concession, une relation amoureuse, sensuelle et érotique, entre un homme et une femme, sous la forme d’un esclavage librement consenti et dont les clauses sont celles d’un contrat. A l’époque, cette œuvre eut un grand retentissement, non parce que l’auteur avait découvert que l’on pouvait accéder au plaisir par la souffrance (le christianisme nous en avait déjà montré « son chemin de croix » Rousseau, dans ses Confessions , aimait à rappeler ce châtiment que lui infligea sa gouvernante) mais parce que Sacher-Masoch fut le premier à décrire précisément, avec les mots qu’il fallait, cette forme de sexualité liée à la souffrance.
Sacher-Masoch est l’écrivain des fantasmes. « Nous sommes dans ce que j’appellerais le théâtre de l’Eros, de l’intime, de l’indicible…“ estime Christine Letailleur. « Le poète révèle la puissance du désir, les affres de la chair. C’est une expérience littéraire et poétique. Politique aussi au sens où deux individus concluent un contrat pour vivre, de manière libre, leur utopie sensuelle ». Ordre, désir et volonté…
Adaptation de Christine Letailleur, d’après la traduction d’Aude Willm
Réalisation Jacques Taroni, d’après la mise en scène de Christine Letailleur au Théâtre National de Bretagne
Avec : Philippe Cherdel (L’ami), Christine Letailleur (La déesse), Andrzej Deskur (Séverin), Valérie Lang (Wanda), Rodolfo de Souza (Le Grec)
Bruitage : Frédéric Antoine
Prise de son et mixage : Catherine Déréthé
Assistance technique et montage : Adrien Roch
Assistante à la réalisation : Pauline Ziadé
Le spectacle a été créé au Théâtre National de Bretagne lors du festival Mettre en Scène 2008, puis repris au Théâtre de Cornouaille de Quimper et la saison suivante, au Théâtre National de la Colline.
adaptation et mise en scène Christine Letailleur
avec
Valérie Lang
Andrzej Deskur
Philippe Cherdel
Maelle Bellec
Dimitri Koundourakis
assistant mise en scène Pierre Lamandé
lumière Stéphane Colin
son Manu Léonard
Production Théâtre National de Bretagne/Rennes, Théâtre National de la Colline, Compagnie Fabrik Théâtre avec le soutien d’ARCADI
Cette adaptation a été publiée aux Solitaires Intempestifs en 2008
La Vénus à la fourrure (adaptation C. Letailleur)
Leopold von Sacher-Masoch
Adaptation de Christine Letailleur, d’après la traduction d’Aude Willm
« Je veux être maltraité et trahi par la femme que j’aime. Plus elle sera cruelle, mieux cela vaudra. C’est aussi une jouissance. » – Leopold von Sacher-Masoch
« Sans doute, La Vénus à la fourrure est-elle l’une des premières œuvres marquantes de la littérature du XIXe siècle ; dans une certaine lignée avec le roman courtois, elle s’attache à décrire de manière précise, et sans concession, une relation amoureuse, sensuelle et érotique, entre un homme et une femme, sous la forme d’un esclavage librement consenti et dont les clauses sont celles d’un contrat. » – Christine Letailleur